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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 08:17

Partout où se présente l’Allemand, les routes sont coupées et les barrages défendus âprement. Une seule ombre au tableau ; sous les coups d’une puissante colonne motorisée, les Allemands reprennent Bastia à 22 heures.

Alger informe qu’un officier de marine sera parachuté, afin d’éviter toute surprise aux contre-torpilleurs Fantasque et Terrible qui font route vers la Corse. Au cours de l’après-midi, un Glen-Martin dépose le capitaine de frégate KILIAN à Compo dell’oro.

Au cours de la nuit du 14 au 15, les contre-torpilleurs débarquent, au port d’Ajaccio, le complément du Bataillon de choc : cinq cents hommes sous le commandement du commandant Fernand GAMBIER. Nous demandons au colonel DELEUZE d’envoyer des ‘ ‘’chocs’’ aux point critiques. DELEUZE pense t-il qu’il faut, avant tout, protéger le préfet LUIZET contre les communistes du Front National ? En tout cas, alors que nos francs-tireurs affrontent l’Allemand à 1 contre 10, il conserve, jusqu’au 18 septembre, le ‘’Bataillon de choc’’ qui brûle de se battre. Le général GIRAUD en informe le CFLN qui lui reproche le noyautage de l'île par les communistes du mouvement Front national. N’est-il pas étrange qu’un chef militaire français disposant d’un seul bataillon ne cherche pas à coopérer avec la Résistance forte de vingt mille hommes en armes ?

Nous aurons l’occasion de comprendre l’attitude des chefs de l’armée d’Afrique. Le commandant Deleuze est tiraillé entre deux factions : l’une n’est pas loin de considérer les patriotes comme des terroristes ; l’autre les juge comme de dangereux rivaux dans la course à la gloire qui va commander les perspectives politiques de DE GAULLE. De son côté LUIZET a pour objectif de liquider le Conseil de préfecture et les conseils municipaux issus de l’insurrection du 9 septembre, et de créer -après la Libération- une organisation de « Résistance » rivale du Front National. Tous les moyens seront employés pour décapiter le Front National. Dans l’entourage de DE GAULLE, on est inquiet d’une libération où l’insurrection a joué un rôle déterminant. Qu’adviendrait-il si la Libération aboutissait à un véritable renouveau démocratique, et si le peuple conservait les leviers de commande conquis de haute lutte ? Quelle préface déplorable à la Libération de la France !

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