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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 14:21

A 5h30 Jean s’aperçoit qu’on veut le fusiller dans le dos. Il s’insurge contre cette suprême insulte et invective les bersaglieri. Et telle est la force de sa parole que le peloton baisse les armes. Le colonel MAGLI fait alors intervenir une section de carabiniers. Mais Jean refuse d’être fusiller dans le dos et leur crie : « Lâches, vous n’osez pas me regarder en face ». Et c’est seulement à 7h30 qu’il tombe, non pas fusillé mais massacré à coups de crosses et décapité à coup de poignard.

Début septembre (43). Les Allemands sont d’une fébrilité extrême. Ils ne restent pas plus de 2 ou 3 jours au même endroit, ils se faufilent partout, n’admettent pas les discussions. On sent que cette situation ne peut plus durer et que bientôt les troupes de résistance seront forcées ‘’d’entrer dans le bain’’.

Il serait souhaitable que le débarquement s’effectue très prochainement.

Des coups de main ont lieu du nord au sud de l’île. Les accrochages se font de plus en plus précis. Les Allemands prennent des otages dans la population, parmi lesquels des jeunes gens de 15 et 16 ans qu’ils menacent de fusiller si les patriotes ne se constituent pas prisonniers. Le chantage échoue. Tout le monde tient bon. La Corse est en effervescence.

Le 4 septembre le radio Martin BORGOMANO, en proie à la plus vive agitation s’écrit ;

- Anibal. Anibal. Il faut redescendre tout de suite à Ajaccio… « J’aime Paimpol et sa falaise, son biniou et son grand pardon »…

- Le message d’alerte ?

- Oui, on vient de l’entendre à la radio…

Pas de doute ; le débarquement est éminent.

Les parachutages sont de plus en plus nombreux. Outre des armes et du matériel, des spécialistes radios sont largués.

Monsieur Luc ‘’Arthur GIOVONI de Moca Croce’’ est alerté par les partisans que le ‘’Casabianca’’ va aborder dans la rade de la Parata, à la barbe des batteries italiennes, dans la nuit du 5 au 6 septembre. A 1 heure du matin ‘’Luc’’ est à bord. Le débarquement des fusils antichars commence sur un canot pneumatique. A 4 heures tout est terminé. Luc vogue vers Alger où il apporte des documents de la plus haute importance. Il s’agit d’un document de 181 pages donnant le détail de toutes les forces ennemies en Corse.

Front National 18

A Alger, les spécialistes n’en croient pas leurs yeux :

- Ca a dû coûter cher ?

Et GIOVONI de répondre :

- Pas un sou ; mais dix mois de travail.

A midi GIOVONI rencontre le Général GIRAUD. Accueil très cordial.

- Alors GIOVONI, dans quelques mois votre pays sera libéré. Vous préfèreriez dans quelques semaines.

- Je préfèrerais dans quelques jours.

Il Expose la situation en Corse.

- Je sais qui vous êtes et ce que vous avez fait. J’ai promis d’aider les patriotes Corses. Je tiendrai parole.

A l’heure ou ‘’Luc’’ rencontre GIRAUD, on note en Corse les signes d’un soulèvement général imminent. Le 8 septembre, ‘’Ribello’’ à la tête d’un groupe armé stoppe un convoi de 3 camions italiens. Les soldats déposent leurs armes. Bilan 8 Lebel, 1 mitrailleuse et des caisses de grenades et de munitions. Arrivent 2 camions Allemands. Un sous officier et un chauffeur sont abattus. L’autre camion réussit à s’enfuir.

Dans toute la Corse des milliers de ‘’Ribello’’ se lèvent.

Mercredi 8 septembre, cours NAPOLEON, le Comité d’arrondissement du Front National tient une séance. On prend les ultimes mesures pour le combat dont chacun sent l’approche. Vers 18 h 30 h le radio Pierre PAGES vient annoncer : « L’Italie a capitulé ». Mais ce n’est pas le moment de perdre la tête dans un tourbillon de joie. Il faut profiter du désarroi des Italiens avant que les Allemands ne les reprennent en main. Il faut balayer le pouvoir de Vichy, prendre la mairie et la préfecture, arrêter les traîtres, proclamer le ralliement de la Corse à la France libre. La victoire de l’insurrection, à Ajaccio, jouera un rôle important dans la réussite de la mobilisation de tous les patriotes, contre l’envahisseur Allemand. Le Comité départemental avait décidé que si les Italiens capitulaient on lancerait l’insurrection. Ce même jour à 19 h 30, en un quart d’heure, rassemblement de tous les groupes de combat du Front National devant la mairie. Plus de 300 hommes, certains armés de pistolets, sont au rendez-vous. Les sirènes donnent l’alerte. Si les « « vichystes » » de la mairie espèrent disperser les patriotes, ils en sont pour leurs frais. On crie : « LAVAL au poteau ! A bas PETAIN ! Mort aux hitlériens ! » . Le Chant du départ alterne avec la Marseillaise et l’Internationale. Un millier de jeunes résolus s’engagent sur le cours NAPOLEON. Des officiers fascistes braquent leurs revolvers sur le rang de tête. Le cortège les engloutit avant qu’ils aient pu tirer…

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 14:18

Chaque village est un bastion du Front National. Hommes et femmes rivalisent de combattivité. Les hameaux et les bergeries sont autant de relais pour les hommes du maquis. Pendant l’occupation, les coups de main contre l’ennemi n’ont jamais cessés.

Pourquoi le dissimuler ; l’essor et l’unanimité de la résistance corse ont été grandement facilités par l’italophobie qui a des racines profondes, réminiscence profonde de la lutte contre l’envahisseur génois : un mélange de mépris et de haine. On s’attaque au moral de l’armée ennemie par des inscriptions murales : Benghazi è presa… Tripoli è presa… Tunisi è presa… On fait comprendre au simple soldat qu’on ne le confond pas avec les dirigeants fascistes. « Soldats antifascistes, avec nous contre Hitler » propose un papillon collé par le Front patriotique des jeunesses corses. Sous la direction de STELVIO et d’un ancien maire communiste de Livourne, ils luttent aux côté du Front National ; notamment en rédigeant et en distribuant des tracts en langue italienne parmi la troupe. Lentement la masse du fascisme s’effrite et l’effondrement italien est proche.

Au début d’août, le colonel des chemises noires, Giani CAGNONI, désire rentrer en contact avec les patriotes. Il est amené en présence de l’état-major de la résistance.

« -Patriotes, je suis disposé à vous donner mon fils en otage ».

Le colonel aide le maquis par des informations précises et précieuses. Il fait circuler des tracts destinés à la troupe. Il renseigne sur l’emplacement des unités, leurs mouvements, leur armement, leur état d’esprit. Le tout parvient à la grotte par les intrépides agents de liaison et de là les ondes transmettent…

En ce mois d’août, on flaire la capitulation italienne. L’idée lancée par les communistes mûrit et s’impose : la libération de la Corse doit être l’œuvre des Corses eux-mêmes.

Les hitlériens avaient tenté de neutraliser les Corses en spéculant sur leurs sentiments anti-italiens. Pourquoi ne pas ranger la partie de ‘’l’armée royale’’ à leurs côté et retourner cette tactique contre les hitlériens ? Les communistes militant au sein du Front National vont gagner l’ensemble de l’organisation à cette audacieuse tactique.

Le 28 août, à Bastia, s’ouvre le procès de Jean NICOLI, Jérôme SANTARELLI et P-Jean MILANINI qui ont été vendu par un collaborateur. L’ennemi tient là quelques chefs du Front National qu’il tente, vainement, de détruire depuis plusieurs mois. Jean NICOLI condamné à mort. La sentence aura lieu le 30 août. Depuis sa cellule Jean passe la dernière nuit à écrire des courriers. A ses voisins de cellule, à ses camarades de combat, à sa famille et surtout, à ses enfants.

30 août 2h du matin.

« J’ai sacrifié mes intérêts, ceux de mes enfants. J’ai donné ma vie à la grande cause pour laquelle je reste, jusqu’à la dernière minute, plus enflammé que jamais : celle de la Corse et du Parti.

Comme je vous aime, mes amis communistes, mes frères. J’ai le dégoût des gens qui m’ont trahi, vendu…. Je vous embrasse tous un par un. Je vous serre sur mon cœur, vous, les hommes, les grands, les nobles. Comme c’est beau d’être communiste… Je comprends maintenant, à cette heure suprême le sourire des martyrs. Ils avaient devant les yeux une grande idée. Eh bien, voyez-vous, le communiste convaincu que je suis, sourit déjà à la mort en pensant que je meurs en servant la Corse et mon parti… Vive le Parti Communiste Français. Ce seront mes derniers mots au poteau.

Jean Nicoli

3 heures du matin

A mes enfants

Tout à l’heure je partirai. Si vous saviez comme je suis calme. Je dirais presque heureux de mourir pour la Corse, pour le Parti. Ne pleurez pas. Souriez-moi. Soyez fiers de votre papa ; il sait que vous pouvez l’être. La tête de Maure et la fleur rouge, c’est le seul deuil que je vous demande. Au seuil de la tombe, je vous dis que la seule idée qui sur notre pauvre terre me semble belle, c’est l’idée d’être communiste. Je meurs pour notre Corse et pour mon parti.

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 11:41

A midi, tous les traîtres sont sous les verrous, les prisonniers politiques sont libérés, le Front National assure l’ordre public. La ration normale de pain est rétablie, les réquisitions nécessaires sont prises pour assurer le ravitaillement des populations. Le premier numéro légal de Patriote est à l’impression. Les responsables militaire du Front National mettent en place la tête de pont et cherche le contact radio avec Alger. Tout est prêt pour l’accueil du corps de débarquement.

Avant même que l’ordre d’attaque parvienne à Bastia, les patriotes s’y emparent de la mairie et de la sous-préfecture. Ils tirent sur les Allemands. A Sartène l’ordre d’attaque pour le 10 est lancé.

Les mairies sont reprises, et ceux qui ce sont mal comportés destitués. Une nouvelle équipe municipale mise en place. Ces opérations se déroulent dans toute la Corse en un ordre impressionnant. Le sentiment patriotique de la population est unanime. L’arrestation des traîtres s’effectue sans effusion de sang. Un seul drame dans l’île : le meurtre d’un patriote au cours de l’arrestation d’un traître à Canari.

On s’équipe à la hâte. On barre les routes. On occupe les positions. On ouvre le feu sur l’ennemi.

Le déploiement des forces du Front National incline les troupes Italiennes vers une attitude de neutralité. Le 8 septembre, à 21 h 30, KESSELRING les rappelle d’urgence en Italie où les alliés débarquent.

Le 9 la 90ème panzer débarque à Bonifacio.

A Bastia, patriotes et soldats italiens maîtrisent et désarment la garnison allemande. Le soir, après que le général italien STIVALA, « commandant de la défense » du port, ait rendu les armes aux ennemis, ceux-ci propose une trêve aux patriotes. Les camarades refusent leur proposition.

Les francs-tireurs de la Casinca attaquent et détruisent l’important dépôt allemand de CHAMPLAN, près de Folelli, en infligeant de lourdes pertes à l’ennemi. Du côté de Quenza et sa région, les convois allemands sont sérieusement attaqués et subissent d’importantes pertes.

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 11:37

On procède sur-le–champ à l’élection du nouveau conseil municipal. Instants doublement historiques : c’est le premier conseil municipal de la Libération. Pour la première fois, une femme en fait partie ; Renée PAGES-PERINI est de surcroît élue avec Godefroy DE PERETTI, pour représenter la ville d’Ajaccio au sein de l’Assemblée départementale.

Quinze mille patriotes défilent à travers la ville. La masse énorme et joyeuse roule vers la préfecture où pénètrent les délégués du Front National. L’insurrection a triomphé. La foule acclame les arrêtés préfectoraux du 9 septembre.

I.- Le Comité départemental du Front National constitue un Conseil de préfecture travaillant en accord avec nous

II.- Le département de la Corse proclame son ralliement à la France libre. Nous appelons la population à pavoiser aux couleurs des Alliés

III.-­ Les groupes de combat du Front National et eux seuls sont considérés comme forces supplétives de police.

IV.- Les organisations antipatriotiques suivantes sont dissoutes :

Parti Populaire Français

Milice Française

Groupe collaboration

Légion des volontaires Français

Légion Française des combattants

Leurs biens, meubles et immeubles seront réquisitionnés.

Nous invitons les anciens combattants des guerres 1914/1918 et 1939/1940 et de la résistance à reconstituer une organisation unique et libre d’anciens combattants.

V.- Le travail doit être poursuivi normalement. Nous faisons appel au patriotisme des jardiniers et des maraîchers pour qu’ils approvisionnent convenablement les marchés urbains. L’accaparement des denrées alimentaires, la spéculation, le refus de vendre constituent des crimes contre la Patrie.

VI.- Tous les journaux sont astreints à la censure préfectorale et à la publication des communiqués de la préfecture et du Front National.

VII.- M. le secrétaire général de la préfecture, MM. Les sous-préfets, les maires, les commissaires de police, les commandants de gendarmerie sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté. Ajaccio le 9 septembre 1943

Le préfet de la Corse signé : PELLETIER

Le conseil de préfecture signé : Arthur GIOVONI, Henri MAILLOT, François VITTORI, Maurice CHOURY, Paul CESARI

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 11:34

Le texte est aussitôt envoyé à tous les Comités d’arrondissement : Sartène, Bastia, Corte et bien-sûr Ajaccio.

Un vrai soleil d’Austerlitz se lève sur cette journée du 9 septembre. Les patriotes en arme sont tous là. Un groupe s’est emparé de plusieurs caisses d’armes à la caserne des G.M.R. (groupes mobiles de réserve). A dix heures on entre en ville. Maurice Choury prend la parole. Il salue l’heure bénie de la résurrection de la patrie. Puis c’est le rappel au devoir :

« Il ne s’agit pas de se laisser aller à l’ivresse du succès. L’Italie a mis bas les armes, mais la guerre continuera jusqu’à la libération complète de notre sol »

Et, au nom du Front National, c’est l’appel au combat

Patriotes de Corse, aux armes contre Hitler !

Soldats italiens, avec nous contre l’ennemi de l’Europe

Notre programme immédiat est acclamé. : Ralliement de la Corse à la France libre : utilisation des groupes de combat du Front National comme forces supplétives de la police. Dissolution des organisations antipatriotiques et arrestation de leurs chefs. Epuration des administrations. Organisation du ravitaillement et répression du marché noir. Convocation d’une assemblée départementale, composée des deux délégués de chaque commune qui travaillera en étroite collaboration avec le Conseil de préfecture.

En conclusion je déclare :

Fiers d’être le premier département français libéré, nous marcherons vers la libération totale de la Patrie. Nous foulerons à nouveau le sol du continent français. Et alors, je vous le dis, « l’aigle volera de clocher en clocher jusqu’aux tours de Notre-Dame ! »

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 11:33

FRONT NATIONAL

La soudaineté imprévue de la capitulation italienne nous contraint de faire rapidement face à une situation nouvelle.

En soldats disciplinés nous respecteront les clauses de l’armistice vis-à-vis des troupes italiennes d’opération. Mais nous devons exiger partout la libération des patriotes emprisonnés par les Italiens. Il faut intensifier la propagande parmi les troupes italiennes contre l’Allemand et essayer, par tous les moyens, de se faire donner leurs armes.

Il faut, partout et sans délai, engager le combat contre les Allemands, dresser des obstacles et embuscades contre eux, ouvrir le feu sur leurs véhicules, empêcher leurs déplacements, les exterminer par tous les moyens.

Cet aspect militaire de la question, ne doit pas nous faire oublier son aspect politique. Les directives reçues, en ce qui concerne le remplacement des conseils municipaux antipatriotes, l’épuration sommaire, l’élection des deux délégués par village pour l’assemblée départementale, doivent être appliquées sans délai.

Chaque village doit diriger, au plus vite, sur Ajaccio, non seulement ses deux délégués armés mais tous les combattants armés dont la présence ne serait pas indispensable sur place.

Debout la Corse pour la libération du joug allemand !

Vive la France ! Vive la Corse libre !

Le Comité Départemental Du Front National

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 11:32

A Alger, les spécialistes n’en croient pas leurs yeux :

- Ca a dû coûter cher ?

Et GIOVONI de répondre :

- Pas un sou ; mais dix mois de travail.

A midi GIOVONI rencontre le Général GIRAUD. Accueil très cordial.

- Alors GIOVONI, dans quelques mois votre pays sera libéré. Vous préfèreriez dans quelques semaines.

- Je préfèrerais dans quelques jours.

Il Expose la situation en Corse.

- Je sais qui vous êtes et ce que vous avez fait. J’ai promis d’aider les patriotes Corses. Je tiendrai parole.

A l’heure ou ‘’Luc’’ rencontre GIRAUD, on note en Corse les signes d’un soulèvement général imminent. Le 8 septembre, ‘’Ribello’’ à la tête d’un groupe armé stoppe un convoi de 3 camions italiens. Les soldats déposent leurs armes. Bilan 8 Lebel, 1 mitrailleuse et des caisses de grenades et de munitions. Arrivent 2 camions Allemands. Un sous officier et un chauffeur sont abattus. L’autre camion réussit à s’enfuir.

Dans toute la Corse des milliers de ‘’Ribello’’ se lèvent.

Mercredi 8 septembre, cours NAPOLEON, le Comité d’arrondissement du Front National tient une séance. On prend les ultimes mesures pour le combat dont chacun sent l’approche. Vers 18 h 30 h le radio Pierre PAGES vient annoncer : « L’Italie a capitulé ». Mais ce n’est pas le moment de perdre la tête dans un tourbillon de joie. Il faut profiter du désarroi des Italiens avant que les Allemands ne les reprennent en main. Il faut balayer le pouvoir de Vichy, prendre la mairie et la préfecture, arrêter les traîtres, proclamer le ralliement de la Corse à la France libre. La victoire de l’insurrection, à Ajaccio, jouera un rôle important dans la réussite de la mobilisation de tous les patriotes, contre l’envahisseur Allemand. Le Comité départemental avait décidé que si les Italiens capitulaient on lancerait l’insurrection. Ce même jour à 19 h 30, en un quart d’heure, rassemblement de tous les groupes de combat du Front National devant la mairie. Plus de 300 hommes, certains armés de pistolets, sont au rendez-vous. Les sirènes donnent l’alerte. Si les « « vichystes » » de la mairie espèrent disperser les patriotes, ils en sont pour leurs frais. On crie : « LAVAL au poteau ! A bas PETAIN ! Mort aux hitlériens ! » . Le Chant du départ alterne avec la Marseillaise et l’Internationale. Un millier de jeunes résolus s’engagent sur le cours NAPOLEON. Des officiers fascistes braquent leurs revolvers sur le rang de tête. Le cortège les engloutit avant qu’ils aient pu tirer…

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 11:30

A 5h30 Jean s’aperçoit qu’on veut le fusiller dans le dos. Il s’insurge contre cette suprême insulte et invective les bersaglieri. Et telle est la force de sa parole que le peloton baisse les armes. Le colonel MAGLI fait alors intervenir une section de carabiniers. Mais Jean refuse d’être fusiller dans le dos et leur crie : « Lâches, vous n’osez pas me regarder en face ». Et c’est seulement à 7h30 qu’il tombe, non pas fusillé mais massacré à coups de crosses et décapité à coup de poignard.

Début septembre (43). Les Allemands sont d’une fébrilité extrême. Ils ne restent pas plus de 2 ou 3 jours au même endroit, ils se faufilent partout, n’admettent pas les discussions. On sent que cette situation ne peut plus durer et que bientôt les troupes de résistance seront forcées ‘’d’entrer dans le bain’’.

Il serait souhaitable que le débarquement s’effectue très prochainement.

Des coups de main ont lieu du nord au sud de l’île. Les accrochages se font de plus en plus précis. Les Allemands prennent des otages dans la population, parmi lesquels des jeunes gens de 15 et 16 ans qu’ils menacent de fusiller si les patriotes ne se constituent pas prisonniers. Le chantage échoue. Tout le monde tient bon. La Corse est en effervescence.

Le 4 septembre le radio Martin BORGOMANO, en proie à la plus vive agitation s’écrit ;

- Anibal. Anibal. Il faut redescendre tout de suite à Ajaccio… « J’aime Paimpol et sa falaise, son biniou et son grand pardon »…

- Le message d’alerte ?

- Oui, on vient de l’entendre à la radio…

Pas de doute ; le débarquement est éminent.

Les parachutages sont de plus en plus nombreux. Outre des armes et du matériel, des spécialistes radios sont largués.

Monsieur Luc ‘’Arthur GIOVONI de Moca Croce’’ est alerté par les partisans que le ‘’Casabianca’’ va aborder dans la rade de la Parata, à la barbe des batteries italiennes, dans la nuit du 5 au 6 septembre. A 1 heure du matin ‘’Luc’’ est à bord. Le débarquement des fusils antichars commence sur un canot pneumatique. A 4 heures tout est terminé. Luc vogue vers Alger où il apporte des documents de la plus haute importance. Il s’agit d’un document de 181 pages donnant le détail de toutes les forces ennemies en Corse.

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 11:28

Chaque village est un bastion du Front National. Hommes et femmes rivalisent de combattivité. Les hameaux et les bergeries sont autant de relais pour les hommes du maquis. Pendant l’occupation, les coups de main contre l’ennemi n’ont jamais cessés.

Pourquoi le dissimuler ; l’essor et l’unanimité de la résistance corse ont été grandement facilités par l’italophobie qui a des racines profondes, réminiscence profonde de la lutte contre l’envahisseur génois : un mélange de mépris et de haine. On s’attaque au moral de l’armée ennemie par des inscriptions murales : Benghazi è presa… Tripoli è presa… Tunisi è presa… On fait comprendre au simple soldat qu’on ne le confond pas avec les dirigeants fascistes. « Soldats antifascistes, avec nous contre Hitler » propose un papillon collé par le Front patriotique des jeunesses corses. Sous la direction de STELVIO et d’un ancien maire communiste de Livourne, ils luttent aux côté du Front National ; notamment en rédigeant et en distribuant des tracts en langue italienne parmi la troupe. Lentement la masse du fascisme s’effrite et l’effondrement italien est proche.

Au début d’août, le colonel des chemises noires, Giani CAGNONI, désire rentrer en contact avec les patriotes. Il est amené en présence de l’état-major de la résistance.

« -Patriotes, je suis disposé à vous donner mon fils en otage ».

Le colonel aide le maquis par des informations précises et précieuses. Il fait circuler des tracts destinés à la troupe. Il renseigne sur l’emplacement des unités, leurs mouvements, leur armement, leur état d’esprit. Le tout parvient à la grotte par les intrépides agents de liaison et de là les ondes transmettent…

En ce mois d’août, on flaire la capitulation italienne. L’idée lancée par les communistes mûrit et s’impose : la libération de la Corse doit être l’œuvre des Corses eux-mêmes.

Les hitlériens avaient tenté de neutraliser les Corses en spéculant sur leurs sentiments anti-italiens. Pourquoi ne pas ranger la partie de ‘’l’armée royale’’ à leurs côté et retourner cette tactique contre les hitlériens ? Les communistes militant au sein du Front National vont gagner l’ensemble de l’organisation à cette audacieuse tactique.

Le 28 août, à Bastia, s’ouvre le procès de Jean NICOLI, Jérôme SANTARELLI et P-Jean MILANINI qui ont été vendu par un collaborateur. L’ennemi tient là quelques chefs du Front National qu’il tente, vainement, de détruire depuis plusieurs mois. Jean NICOLI condamné à mort. La sentence aura lieu le 30 août. Depuis sa cellule Jean passe la dernière nuit à écrire des courriers. A ses voisins de cellule, à ses camarades de combat, à sa famille et surtout, à ses enfants.

30 août 2h du matin.

« J’ai sacrifié mes intérêts, ceux de mes enfants. J’ai donné ma vie à la grande cause pour laquelle je reste, jusqu’à la dernière minute, plus enflammé que jamais : celle de la Corse et du Parti.

Comme je vous aime, mes amis communistes, mes frères. J’ai le dégoût des gens qui m’ont trahi, vendu…. Je vous embrasse tous un par un. Je vous serre sur mon cœur, vous, les hommes, les grands, les nobles. Comme c’est beau d’être communiste… Je comprends maintenant, à cette heure suprême le sourire des martyrs. Ils avaient devant les yeux une grande idée. Eh bien, voyez-vous, le communiste convaincu que je suis, sourit déjà à la mort en pensant que je meurs en servant la Corse et mon parti… Vive le Parti Communiste Français. Ce seront mes derniers mots au poteau.

Jean Nicoli

3 heures du matin

A mes enfants

Tout à l’heure je partirai. Si vous saviez comme je suis calme. Je dirais presque heureux de mourir pour la Corse, pour le Parti. Ne pleurez pas. Souriez-moi. Soyez fiers de votre papa ; il sait que vous pouvez l’être. La tête de Maure et la fleur rouge, c’est le seul deuil que je vous demande. Au seuil de la tombe, je vous dis que la seule idée qui sur notre pauvre terre me semble belle, c’est l’idée d’être communiste. Je meurs pour notre Corse et pour mon parti.

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 16:00

L’autre soir, tard, je n’arrivais pas à trouver mon sommeil. Je zappais d’une chaine à une autre. Et ‘’paf’’ (c’est l’cas d’le dire), je tombe sur une émission de l’inénarrable ‘’FOG’’ pour les intimes, Frantz Olivier Gisbert pour les mecs comme moi qui s’en tapent comme d’une guigne. Mais le propos m’interpella : il était question "du monde d'après". Les invités de l'émission, après avoir doctement disserté sur le vieillissement en sont arrivés tout doucettement (M. Philippe Ladoucette était présent) à cette vieille antienne (de tv), "la chance qu'aurait eu la génération du baby-boom" par rapport aux autres.

Cette génération est en définitive profiteuse de tous les avantages et va transmettre aux prochaines, dettes et charges sociales. C'est ainsi que notre économiste de 50 ans, Môssieur François Lenglet* intervînt avec son brio habituel : "Ils n'ont pas connu la guerre, n'ont pas fait de longues études et ont trouvé facilement du travail. S'ils participèrent à mai 1968 c'est pour se convertir ensuite au libéralisme et à l'individualisme." Il avait 6 ans à cette époque, le gredin…

Cet homme d'apparence sympathique méconnait le travail des années 1960. Il ignore tout des plaisirs de cette belle période. La joie des voyages SNCF en seconde classe, les loisirs et la culture physique, les divines soirées passées avec mémé et pépé racontant leur grande guerre. J’oublie les lectures de l'almanach Vermot ou du Chasseur Français. Nous n'avions ni téléphone, ni télé, encore moins d'ordinateur ou de machine à calculer. Mais nous avions déjà les ardoises, celles qui fonctionnaient avec la craie et l'éponge. Nos parents nous aimaient tellement qu'ils nous faisaient photographier pour les concours du plus bel enfant, les fesses à l'air, façon de rivaliser avec celles des autres (les fesses). A l'école, ce n'était pas encore Woodstock, les filles étudiaient à part et la Sainte Eglise catholique veillait à ce qu'il n'y ait pas de bricolage avant la cérémonie du mariage. Pie XII s'occupait des âmes et de ce qui chatouillait le corps de ses ouailles. Dans les bals on devait demander l'autorisation de danser à la maman qui avait pris soin d'accompagner sa fille. La même rigueur se retrouvait au travail, un copié-collé dans son organisation du service militaire, beaucoup de chefs mais pas de responsable. C'était la belle vie. Pour améliorer l'ordinaire on devait suivre des cours, réussir des examens. Et en cas de réussite, s'il restait un poste, on était muté bien loin de sa famille, dans l'attente de jours meilleurs. Nous n'espérions qu'à la retraite pour vivre enfin nos vies.... Et, après toutes ces péripéties, qu'entends-je ? Qu’ouïs-je ? Nous n'étions que des privilégiés, des profiteurs....Monsieur Lenglet j'aurais beaucoup à vous dire et de façon plus sérieuses, mais je reste dans la caricature ! Ayant participé au financement de vos études je vous offre la coiffure du bébé Cadum (un savon des années 60), c'est une question de solidarité intergénérationnelle...elle vous va à ravir !

*Lenglet François : Rédacteur en chef du service France au sein de la rédaction de France 2, animateur du magazine hebdomadaire « L’angle éco » sur cette même chaîne, chroniqueur au Point et animateur d’une chronique économique quotidienne le matin sur RTL, François Lenglet est surtout connu pour ses interventions dans le Journaux télévisés et dans les émissions de débat politique de France 2. Spécialiste des questions économiques, il a donc décidé de se mettre au service d’une initiative du « monde de l’entreprise » et de répondre à cette épineuse question : « Faut-il à tout prix réindustrialiser la France (si jamais elle s’est désindustrialisée !), ou faut-il tout miser sur les services de plus en plus qualitatifs et laisser d’autres pays produire compte tenu de leurs coûts plus bas ? » (Sic). Coût de la prestation : 8 500 euros hors taxes, financés en partie par de l’argent public. Sacré cumulard, va !

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