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Font National 14

Dans un buisson, le secrétaire du Parti communiste se tient avec un patriote blessé. Ils restent là quatre jours et quatre nuits, sans nourriture ni boisson, mais les fascistes ne les trouveront pas. Le bataillon se retire après une semaine, bredouille et ridicule.

Nous sommes le 25 juillet 1943. La veille, MUSSOLINI est destitué et arrêté. Dans les villes et les villages Corses, de grandes affiches égrènent les litanies des interdictions. Le commandement du VIIème corps d’armée Italien précise les chefs d’inculpation dont les résistants sont passibles : aide à l’ennemi, attentat contre la sûreté publique, sabotages, attentats contre les militaires italiens, détention d’armes et d’appareils émetteurs, intelligence et correspondance avec l’ennemi, aide aux coupables, propagande subversive, manifestations séditieuses, etc.

Il faut répondre au plus vite. L’imprimeur, Robert FOGLIA, tire dans sa cave ce petit papillon qui sera collé, la nuit suivante, à Ajaccio, sur les affiches de l’ennemi :

Etat d’alarme

Dans ses affiches, l’ennemi indique clairement les activités qui le gêneront au cours du débarquement, puisqu’il nous les interdit sous peine de mort.

Mais c’est à la patrie qu’il faut obéir et non à un général ennemi, notre futur prisonnier.

La France compte que chacun fera son devoir. Tous les soirs à 22 h50 écoutez l’émission de

Radio France (ALGER) pour la Corse

Front National

De la résistance à l’insurrection.

L’Allemand débarque et prend en main les troupes italiennes. Pas de fanfare pour l’arrivée de cette Sturmbrigade SS « Reichsführer ». Un ordre daté du 26 juillet défini ainsi sa mission :

Le rôle de la Sturmbrigade est d’ordre politique et militaire…La population sera portée à se réjouir de l’arrivée des troupes allemandes…La plupart des Corses désirent rester Français. Il faut faire ressortir que le Führer mène, comme NAPOLEON, le juste combat pour la liberté de l’Europe. A l’opposé de DE GAULLE et de GIRAUD ; cette position est celle du maréchal PETAIN….

HITLER a pu mesurer dans les stalags l’attachement des Corses à la mère patrie. Les hitlériens vont donc s’efforcer de jouer un jeu subtil : canaliser à leur profit l’hostilité des insulaires aux visées annexionnistes de l’Italie. Au demeurant, l’Allemand est l’ennemi contre lequel, de 1914 à 1918, la Corse a sacrifié 20000 de ses fils. Il ne doit pas s’attendre à des sourires.

Ce même 28 juillet, François GIACOBBI, frère du sénateur, fait parvenir une lettre annonçant le ralliement des F.F.L. au Front National. Les prolétaires, les ouvriers agricoles, les artisans, les paysans, qui formeront jusqu’au bout le gros des groupes armés du Front National, bénéficieront de l’aide morale et financière, des renseignements et des complicités de fonctionnaires, avocats et négociants décidés à contribuer à la Libération de l’île.

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