Le récit de cet exploit allume le feu à la guérilla dans le sud de l’île, quand éclate la fusillade d’Ajaccio dont le retentissement immédiat va décupler les forces du Front national. Le 17 juin, un groupe d’agents du contre-espionnage italien fait irruption à la ‘’Brasserie nouvelle’’ cours NAPOLEON, au moment où quelques dirigeants du Front national s’apprêtent à se disperser. André GIUSTI et Jules MONDOLONI sont obligés de se défendre. GUISTI mortellement blessé, meurt en attirant à lui les ennemis afin de couvrir la retraite de ses camarades. Mondoloni est fait prisonnier. Sa poitrine est criblée de balles et son corps meurtri de coups. Il est amené à l’hospice Eugénie où il lutte contre la mort. Un homme réussit à s’introduire dans sa chambre. Un sourire éclaire la face du moribond qui dans un dernier souffle dit à son visiteur « Je n’ai rien dit… ».
En quelques minutes, la garnison italienne est sur pied, croyant à une rébellion générale. Des arrestations sont opérées. L’occupant, affolé, tire à tort et travers. Quelques francs-tireurs ajoutent à la confusion de l’ennemi en faisant le coup de feu. Toute la nuit, la fusillade continue.
Dans chaque foyer on salue l’attitude héroïque de GIUSTI et MONDOLONI. L’appel lancé le lendemain parle maire PAOLI, ’’contre tout nouvel acte de cette nature’’, achève de discréditer les éléments vichystes.
En représailles contre l’action de MONDOLONI, l’ennemi arrête 45 patriotes de Petreto-Bicchisano, son village natal. Mais le sang des martyrs commande une implacable ‘’vendetta’’. Le 18 juin, François MONDOLONI (le frère) et Jean VELLUTINI attaquent une patrouille de carabiniers. Le 25 juin, un groupe dirigé par Ribello monte une embuscade contre le chef des carabiniers exterminant plusieurs hommes. Le harcèlement de l’occupant commence… Il va s’accélérer avec la multiplication des parachutages d’armes.
Le travail clandestin est une école de sang-froid. Dans ce domaine, le radio ‘’Tintin’’ est passé maître en la matière.
Du côté de Porri, 15 hommes sont dans le maquis. Au petit matin, Simon LORENZI quitte le groupe pour se rendre au village en précurseur. Il se trouve en présence de mousquetons braqués sur lui. Il fait feu le premier. Des salves répondent. Il s’enfuit. Les camarades sont alertés et se dispersent. Les Chemises noires, par leur curiosité, ont perdu plusieurs hommes lors d’un parachutage entre Casamozza et Barchetta. Ils décident de frapper un grand coup. Mais on ne s’aventure pas, sans risque, dans le maquis où les sangliers attendent !