Le Front National forme des comités populaires de femmes et des groupes du Front Patriotique des jeunes. L’ensemble du mouvement se tient informé par des tracts et papillons manuscrits ou tapés à la machine. Puis, le besoin d’une presse de vérité, exigeant des tirages de plus en plus importants, la Front National crée son propre appareil d’impression clandestine. C’est la naissance de ‘’Le Patriote’’, journal de la résistance. Une imprimerie sera installée dans une grotte de Sorbo-Ocognano. Le typographe, Robert PEDINI, est un italien dont le père est détenu dans las geôles mussoliniennes. Il ne quittera cette imprimerie clandestine qu’à la libération de la Corse. Le matériel de propagande est remis aux cheminots du Front National qui en assure une répartition sûre et rapide. On imagine l’effet produit sur une population écœurée de la presse vichyste, par la lecture d’articles tel que celui-ci :
L’ennemi souille notre sol, pille nos campagnes, matraque nos compatriotes et jette en prison les meilleurs de nos fils.
Les brutes de Mussolini parlent et agissent en maîtres ; ils ordonnent, décrètent, exproprient, pillent, briment et se comportent comme en pays conquis.
Dans les villes ; couvre-feu une heure avant la tombée de la nuit.
Les jardins sont pillés. Ils volent les oranges, les olives, les artichauts, les fèves. Et voici qu’ils déterrent, avec leur poignard, les pommes de terre fraîchement plantées. Des brebis, des vaches disparaissent mystérieusement.
A Castellare-di-Casinca, le receveur des postes à été matraqué par six chemises noires. Tentatives de viols. A Levie arrestations des élèves du cours complémentaire : chantage, menaces de mort et interrogation des enfants à coups de poings.
Plusieurs centaines de patriotes sont emprisonnés et torturés. Les brutes de MUSSOLINI rivalisent avec la Gestapo.
Tout cela crie : ‘’Vengeance’’. Patriotes Corses, allons-nous supporter plus longtemps les vols, les pillages, les humiliations, les arrestations ?
Renions notre passé, déchirons notre histoire si nous ne sommes pas capables de secouer le joug. Paysans, défendez vos champs ! Bergers, défendez vos troupeaux ! Patriotes, défendez vos femmes, vos filles et vos sœurs, défendez vos maisons ! Corses accablée sous tes voiles de deuil, défends ton honneur et ta vie.
En même temps, Le Patriote sème la panique dans le petit clan des collaborateurs en les clouant au pilori.
Actrice du grand drame de la Résistance, les femmes mettent à son service leur finesse et leur intrépidité. Elles assurent les liaisons les plus périlleuses. Elles abritent, même, pendant des mois les quartiers généraux de la Résistance. Elles hébergent les patriotes en danger. Elles envoient des paniers de vivres aux patriotes emprisonnés. En juin 43, elles sont très nombreuses au Front National. Elles forment leurs propres organisations : les Comités populaires des femmes. Elles dénoncent les collaborateurs et les mercantis du marché noir. Elles se préparent à prendre la direction des services sociaux à la Libération.