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Front National (7)

Qui veut lutter entre en contact avec l’un des trois cents communistes de Corse qui s’emploient à faire du ‘’Front National de lutte pour la libération de la France’’ un mouvement clandestin de masse. Dans les pires conditions de lutte, le Parti communiste triple ses effectifs en Corse, s’enrichissant d’éléments de choix tel Jean NICOLI, Jules MONDOLONI, RIBELLO et tant d’autres. Quoi d’étonnant s’il joue le rôle de dirigeant dans la lutte patriotique ? Les communistes inspirent confiance à tous les patriotes. Ce sont les communistes qui font évader le sénateur GIACOBBI quand ils apprennent qu’il est menacé de déportation et qui assurent sa sécurité jusqu’à la libération.

Quand on présente à Henri MAILLOT, petit parent de DE GAULLE, un agent de liaison ou un responsable du ‘’Front National’’ il questionne : « Est-il communiste ; »… C’est pour lui la meilleure garantie.

Le préfet de Vichy est parmi les rares ‘’collaborateurs’’. Il multiplie les arrêtés favorisant l’ennemi.

Le 14 décembre 1942, le sous-marin ‘’Casabianca’’ du commandant ‘’L’HERMINIER’’ dépose dans la crique de Topiti une mission française. L’équipe est baptisée ‘’Pearl Harbor’’ et est formée du chef de bataillon Roder DE SAULLE (pseudo. Dudule et René Tournier), l’adjudant-chef Toussaint GRIFFI, l’instituteur Laurent PREZIOSI et le radio Pierre GRIFFI (Denis).Ils ont quitté Alger, ses splendeurs et sa vie facile. Les voilà infimes dans le paysage immense où la mort se tapit.

La mission ‘’Pearl Harbor’’ se transporte à Bastia puis à Ajaccio, et crée sont propre groupe de renseignement avec des membres de l’organisation ‘’Combat’’. Pierre GRIFFI et Laurent PREZIOSI, le premier communiste, le second socialiste, ne tardent pas à entrer en contact avec les communistes ajacciens. GUISTI, NICOLI et BENIELLI établissent une liaison permanente avec GRIFFI qui émettra pendant six mois.

En janvier, DE SAULLE remonte vers Piana et installe son P.C. dans la bergerie des frères NESA au Salognu. Il a fixé rendez-vous au ‘’Casabianca’’ en baie d’Arone pour le début février. L’équipe de réception est constituée de Jean NICOLI, André GUISTI, François CARLI, André BOZZI et deux patriotes de Piana : le cheminot François ALESSANDRI, un colosse qui répond au diminutif de ‘’Chè ‘’ (grand-père de François et de Jean-Jacques) et un instituteur retraité Pascal VERSINI ainsi que quelques autres…

Le 6 février, à la nuit tombée, le ‘’Casabianca’’ livre 450 mitraillettes et 60000 cartouches. Le matériel est caché dans la bergerie de la plage.

Arone est un site d’une exceptionnelle grandeur. Mais la plage est à plus de deux heures de marche de toute agglomération. Pour atteindre Piana, pas la moindre route. Les armes sont montées à dos de mulets par la montagne jusqu’au Salognu. ‘’Chè’’ redescend pour effacer toutes traces du débarquement. La barque plate est toujours là, énorme pièce à conviction. Le colosse, malgré la température hivernale, entre dans l’eau jusqu’aux aisselles, l’attaque à coup de pioche et cache les débris dans le maquis. Mais une patrouille ennemie trouve une caisse de munitions oubliée dans la bergerie. La répartition des armes est accélérée. Jean NICOLI et André GIUSTI montent d’Ajaccio avec une camionnette à double fond et livrent tout un chargement aux groupes du ‘’Front National’’ du Sud.

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