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A mon ami, éternellement, J.J. OVALIX

DU TEMPS DES MILLEDIOUX

Je vous parle d’un temps que les moins de 10 à 15 ans, de club, ne peuvent pas ou peu connaître. C’était du temps des ‘’Milledioux’.

 A cette époque, notre écrivain local nous quittait pour s’en aller offrir ses talents de scribe à Brennus. C’est de JACQUES JEANNE, alias JJ Ovalix dont il est question. Ce grand bonhomme, à la moustache en bataille, à l’œil vif, épistolier ‘’ jusques aux bouts des ongles’’ qui maniait l’art de la rhétorique comme nul autre et pouvait se flatter de posséder quelques expression dont il était le seul inventeur. Lui qui disait : « Dans la vie, il y a deux sortes d’embarras. L’embarras d’autos c’est quand il y en a trop. Et l’embarras d’argent c’est quand il n’y en a pas assez. Et pourtant, l’on pourrait penser que le plus emmerdant reste tout de même l’embarras gastrique. »Que de bons mots n’avait-il pas dans son carquois tel un archer qui attend ses proies ?

 Les jours de beau temps, en fin d’après-midi, il m’emmenait au café de la gare. Nous nous installions à la terrasse. A l’heure ou les trains déversaient leurs flots de travailleurs et d’employés rentrant au domicile après une dure journée de labeur. « Félix François, me disait-il, nous allons en habiller quelques uns ». Et là il hérissait un peu plus sa moustache, les lunettes sur le bout du nez, avec une moue qui pouvait ressembler à un rictus. Quelqu’un qui le connaissait bien, une très proche parente, lui disait : ‘’Vous êtes gracieux, aujourd’hui, le père Jeanne’’. Cela ne le rendait pas plus aimable, au contraire.

Nous étions donc attablés devant une boisson, et le spectacle commençait.  A cette dame qui lui paraissait un peu plus enrobée  que la moyenne il envoyait un ‘’Bonjour Mesdames’’. Et à celui-ci que la nature n’avait pas favorisé ‘’Quand on est moche comme ça on devrait payer un impôt supplémentaire».Ou d’un qui arrivait en auto et se garait comme il pouvait, souvent de travers il disait ‘’Il est garé en épi du bon sens’’.

Il appréciait surtout les enterrements. Il connaissait Monsieur Funèbre chez qui, disait-il, il allait chercher une pompe. On lui répondait qu’on ne faisait que des bières. ‘’Donnez moi donc un demi’’ rétorquait-il. D’ailleurs, lorsqu’il allait à accompagner quelqu’un vers son ultime demeure, il ne pouvait s’empêcher de maugréer ‘’Ca m’ennuie. Encore un qui ne me le rendra pas’’.

Et ses titres d’articles d'articles sur le Rugby villiérain étaient un vrai bonheur dans leur genre ‘’Des Ho ! Et des Bah !’’. Ou ‘’Il faudra penser à remplacer les poignées de la malle’’. Ses adages si justes. ‘’La victoire a cent pères. Mais la défaite est orpheline ‘’ ou bien ‘’Il n’y a pas de petites victoires. Il n’y a que de grandes défaites’’.

Aujourd’hui, dans la rubrique ‘’Du temps des Milledioux’’ j’ai voulu vous parler, un peu, de JJ Ovalix parce que c’était un brave homme, honnête et courageux, attentif et serviable. Il était pourvu de petits noms tous plus tendres les uns que les autres : ‘’Le père Jeanne,  Papi Jeanne,  Papi,  Jacquot’’.

Tous le connaissaient et tous l’appréciaient. De ceux qui l’on connu j’espère que personne ne l’a oublié.

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