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Front National (3)

Celle-ci ne verra pas le jour. Mais il y aura, bientôt, la ‘’Légion Française des combattants’’ présentée par la propagande officieuse vichyste, comme l’habile camouflage d’une armée de revanche. Il faudra du temps et l’expérience des faits pour démasquer cette escroquerie au patriotisme, ce mensonge qui a fait tant de mal à la Corse.

Le machiavélisme de Vichy demeure impuissant à étouffer la question lancinante : « La Corse demeurera-t-elle  Française ? »

La crainte d’être séparés de la mère patrie poussera, finalement, les Corses dans la voie de la ‘’RESISTANCE’’.

Au cours d’un passé tumultueux, les Corses ont bâti les villages en montagne, le plus souvent sur des éperons rocheux, rendant les communications difficiles, à l’époque où les routes n’existaient pas. Le besoin de solidarité a fait naître ‘’Le Clan’’. Le clan est un groupement familial, placé sous l’autorité d’un chef, dont la charge est héréditaire. On se donne au clan. On demeure fidèle au chef, quelles que soient ses abjurations.

L’ennemi n’occupe pas militairement la Corse. Les premiers résistants organisés sont donc les opposants au gouvernement de Vichy : les communistes.

 Ils sont peu nombreux ; trois cents à peine sur toute l’île. Mais, selon les termes mêmes d’un rapport de PETAIN, ils sont « les plus actifs et les plus courageux ». Ils sont initiés à l’action clandestine, depuis que leur parti a été mis hors la loi par le gouvernement « munichois » en septembre 1939. Pendant la ‘’drôle de guerre’’, ils avaient poursuivi leur œuvre de rassemblement des forces antifascistes avec l’aide de deux membres du Comité Central des Jeunesses Communistes ; Léo FIGUÈRES et Robert GUIDICELLI, tous deux mobilisés en Corse.

Au début de juin 1940, le Parti Communiste  Français faisait savoir au gouvernement  qu’il considérait comme une trahison d’abandonner Paris aux envahisseurs hitlériens et lui proposait d’organiser la levée en masse pour la guerre nationale. « Les fossoyeurs de la France » préparant l’avènement de PETAIN, avaient redoublé de persécutions à l’encontre des militants du Parti et des Jeunesses communistes. En Corse, plusieurs dirigeants avaient été arrêtés et emprisonnés. Mais dix mois de répression n’étaient pas parvenus à ‘’dissoudre’’ la région corse du Parti communiste. Les communistes corses ont eut en main le numéro clandestin de l’Humanité en date du 10 juillet 1940, reproduisant un appel signé THOREZ et DUCLOS :

La France, encore toute sanglante, veut vivre libre et indépendante. Jamais un grand peuple comme le nôtre ne sera un peuple d’esclaves. La France ne deviendra pas une sorte de pays colonisé. La France, au passé glorieux, ne s’agenouillera pas devant une équipe de valets, prêts à toutes les besognes. Ce ne sont ni les généraux battus, ni les affairistes, ni les politiciens tarés qui peuvent relever la France. C’est dans le peuple que résident les grands espoirs de libération nationale et sociale. Et c’est autour de la classe ouvrière ardente et généreuse, pleine de confiance et de courage que peut se constituer le Front de la liberté, de l’indépendance et de la renaissance de la France.

L’activité grandissante des cellules du Parti et des Jeunesses communistes, au moment où PETAIN inaugure, à Montoire, la politique de collaboration avec l’ennemi, déclenche la répression. Plusieurs militants connus sont arrêtés et internés. Les communistes poursuivent la lutte, affirmant leur existence par la diffusion, clandestine, de leurs journaux Terre Corse et Avant –Garde.

En février 1941, la lutte engagée se développe après le passage d’un envoyé du Comité Central du Parti, Pierre GEORGES, le futur ‘’colonel FABIEN’’ de la Libération de Paris et de la campagne d’Alsace.

 

 

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