Sur le continent, après les arrestations massives de l’automne, le Parti se ressaisit et lance les bases d’une organisation militaire clandestine. L’objectif immédiat du peuple de France est la libération nationale.
En Corse, la résistance est mise à vif par la crainte de l’annexion. Unir tous les patriotes dans un ‘’FRONT NATIONAL’’, telle est la tâche primordiale des communistes Corses.
Le 23 août 1941, FABIEN donne le signal de la lutte armée contre l’occupant en exécutant un officier supérieur hitlérien à la station de métro Barbès.
Les communistes considèrent que la Résistance doit être effective grâce à la lutte contre l’ennemi par tous les moyens - y compris par les armes – préparant l’insurrection nationale libératrice.
DE GAULLE pense, au contraire, que la Résistance doit être un réseau de conspirateurs, préparant, sous ses ordres, la mise au point de l’appareil d’Etat qui devra se substituer au Gouvernement de Vichy au jour du débarquement. En résumé, la France doit attendre sa libération de l’extérieur.
En 1941, Paul GIACOBBI reçoit la visite de Fred SCAMARONI. Fils d’un préfet républicain, lui-même chef de cabinet du préfet du Calvados, est un des rares Corses qui, dès le 21 juin 1940, ont rejoint DE GAULLE à Londres. Lors d’une de ses multiples opérations, il sera fait prisonnier et malgré les mauvais traitements il reprendra la lutte. Avant de regagner Londres, il encourage Paul GIACOBBI à prendre le commandement du clan LANDRY. Dans des conditions particulières, il se prononce pour DE GAULLE contre Vichy. Les conditions de la création d’un véritable ‘’FRONT NATIONAL’’ en Corse mûrissent.
‘’Terre Corse’’ publie alors un appel contenant un programme minimum en trois points : chasser l’envahisseur, liquider le régime de Vichy, donner la parole au peuple. Sur cette base, proclame la Région communiste, est possible le rassemblement de tous les Corses, hormis les traîtres et les collaborateurs de l’ennemi. De tous les Corses qui veulent œuvrer afin que leur île demeure à jamais française. Les communistes sont déjà organisés. Ils recherchent des alliances « à la base » pour la création de groupes locaux du Front National de lutte pour la libération de la France. Leurs entretiens avec François GIACOBBI et François GIOVALUCCHI aboutissent à la formation provisoire du ‘’FRONT NATIONAL’’.
En avril 1942, PETAIN a rappelé LAVAL au pouvoir. Celui-ci proclame cyniquement :« Je souhaite la victoire de l’Allemagne » et abandonne à HITLER l’Alsace et la Lorraine. Le 15 juin, PETAIN recommande de « suivre le président LAVAL… »
Au gré des affinités, de petits groupes de Résistants se créent. Charles GUIDICELLI reconstitue, clandestinement, le Comité de vigilance sous le nom d’Association des Patriotes Corses. C’est la naissance de ‘’Combat’’ en juillet 1941 grâce à la venue d’un délégué continental de ce mouvement. ‘’Combat’’ commence à se ramifier et prend contact avec le ‘’Front National’’ en décembre 1942.
Le ‘’Front National’’ est déjà le mouvement de résistance le plus répandu dans toutes les régions de l’île.