La situation de notre pays est loin d’être réjouissante. Pourtant certains en font des gorges chaudes et plus encore espèrent un épuisement de la gouvernance qui leur permettrait d’arriver prématurément au pouvoir ! Nous n’avons pas ménagé nos critiques à cette gouvernance qui, le moins qu’on puisse dire, a nagé en eaux saumâtres, de bien longues semaines, faute d’un projet politique cohérent, faute de fermeté dans ses convictions, faute d’autorité dans son action européenne, faute de caractère face à ses partenaires et en particulier l’Allemagne. Tout cela donne l’impression d’un pouvoir à la dérive dans des flots agités et n’a aucune perception du cap à suivre : ‘’Il n’est de bon vent quand il n’est pas de bon marin’’. Cette fragilité, dans l’appréciation globale d’une situation très périlleuse, ajoute à l’angoisse des français sur leur avenir immédiat et à moyen terme. Ce n’est pas que manquent les bons projets dans les cartables du gouvernement ; mais tout semble aller à vaut l’eau tant faillissent la volonté politique et la compétence de ceux qui sont chargés d’élaborer et de mettre en œuvre une politique de redressement du pays. L’opposition n’est pas en reste avec des querelles qui fleurent bon la cour de récréation et l’absence totale de préconisations adaptées à la situation de notre pays.
Prenons un exemple : le budget de l’état, -sur lequel l’opposition fait feu de tout bois en disant qu’il est le plus cher d’Europe-. Ce budget peut être décomposé en deux chapitres : 1) le budget lié à l’Etat et les collectivités territoriales qui est le dixième d’Europe : 2) le budget social qui est un des plus chers de la CEE. Que l’opposition nous dise sur quels postes de ce dernier elle compte faire des économies, alors qu’elle crie à hue et à dia sur la limitation du quotient familial et des allocations familiales pour les plus riches. On voit à l’occasion de ces réactions qu’il s’agit, pour l’opposition, de réduire les avantages sociaux de ‘’ceux qui en ont le plus besoin’’. Car si la réorganisation et la rationalisation des dépenses de l’Etat, de même que la simplification administrative peut permettre des économies substantielles, celles-ci seront très insuffisantes. Une externalisation de certains services publics peut aussi être envisagée ; mais il s’agit là d’une gestion de pénurie avec des conséquences souvent néfastes pour les usagers. Déjà, alors même que certains services restent dans le domaine public, leur complexification les laisse hors de portée de la plupart des citoyens -comme à la Poste-. Quant à toucher à l’édifice social, patiemment tissé au cours des décennies, ce ne sera possible que si le revenu des français augmente de façon à compenser la perte de certains avantages.
On voit bien que la solution est la dynamisation de l’activité, la réorganisation de l’économie autour d’activités industrielles et commerciales, et plus seulement autour des services, la réglementation des importations autour de valeurs éthiques qui permettrait de taxer certains produits d’importation dont la production se fait dans des conditions inhumaines, la créations d’entreprises capables d’offrir des produits haut de gamme, la constitutions de pôles industrialo- universitaires nous permettant de concurrencer les produits technologiques des pays les plus avancés etc., etc. Le tout dans un but de relèvement généralisé des salaires et, surtout, de chasser ce vieux pessimisme qui semble s’abattre sur notre pays comme la misère sur le monde et la pédophilie sur le (bas) clergé.
Le déficit de la France est de 2000 milliards d’euro tandis que l’épargne française est de 16 500 milliards d’euros, dont la moitié aux seuls 10% les plus riches. Et je ne parle pas de la fraude fiscale… Je crois qu’il est temps de faire jouer la solidarité pour le bien de tous.