Alors que s’ouvre la nouvelle saison hivernale, les associations caritatives, (Restos du Cœur, Croix-Rouge, Secours populaire) et la Fédération des Banques alimentaires sont confrontées à une situation alarmante. Elles ne bénéficient plus du ‘’Programme Européen d’aide aux plus démunis’’ (PEAD). Et cela, à la demande de six pays, dont l’Allemagne et la Suède. Ils estiment que ce dispositif ne les concerne plus. Ils font valoir qu’à l’origine, il y a vingt cinq ans, il s’agissait de distribuer les excédents agricoles communautaires en faveur des plus pauvres et des plus démunis, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Le financement étant assuré par la PAC (Politique Agricole Commune). Quelle que soient les raisons invoquées, l’Europe ne sort pas grandie de cette contestation. Les ONG vont en effet se retrouver, si la décision est maintenue, avec un budget largement amputé, alors que le nombre de demandeurs ne cesse de grossir chaque année. Ce seront des millions de repas en moins. Quand ont sait que la France, pour ne parler que d’elle, compte selon l’INSEE, dix millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté. Les instances médicales ne cachent pas leurs craintes : « Les problèmes de carence alimentaire, et de déséquilibre nutritionnel, risquent de réapparaître en Europe, pour la première fois depuis l’après-guerre ! »
Face à ce risque de séisme humanitaire personne ne peut rester indifférent. Un consensus national s’impose. On attend du gouvernement qu’il se range délibérément aux côtés des ONG pour leur apporter le soutien concret dont elles ont besoin, pour répondre à l’attente des plus démunis.
C’est un problème de solidarité qui se pose. Une épreuve du vivre ensemble. Elle nous concerne tous. Nous sommes engagés dans une bataille de civilisation. Il nous revient de bâtir ensemble la société à venir. Nous avons le devoir d’aider ceux qui sont le plus exposés, à ne pas céder au désespoir. Ceux qui ont recours aux associations caritatives pour franchir ce cap douloureux, ne pourront y parvenir que si nous leur tendons la main. La pauvreté n’est pas une tare… c’est un malheur ! Combien sont-ils à s’être retrouvés dans cette spirale du soir au lendemain sur le bord de la route ? On pense, notamment, à tous ceux qui ont perdu leur emploi, à tous ceux qui n’ont plus de gîte, ni de couvert. A tous ceux qui vivent des moments déchirants.
Quand on voit le monde tel qu’il se dessine, un monde sans horizon, sans avenir lisible, on a la sentiment que ceux qui nous dirigent, sont dans l’incapacité de maîtriser le présent. Ce qui est vrai pour la France l’est aussi pour les autres pays. Pour chacun se pose les mêmes problèmes, les mêmes incertitudes, les mêmes interrogations.
Alors que nous saluons la naissance du sept milliardième terrien, comment fermer les yeux sur cette planète qui accumule tant de misère, tant d’injustice, tant de mal vivre.
Comment ne pas rêver d’un monde où les pauvres ne seraient plus qu’un mauvais souvenir ?