Ah ! Ce n’est pas facile de commencer cet ultime chapitre, qui est tout fait d’allégresse et de jubilation, sachant quand même, qu’il sera le prélude à une fin proche de nos ‘’vendanges/retrouvailles’’. La dernière étape de ce ‘’chemin de Compostelle de l’amitié’’. Ultime marche de cet escalier gravit, échelon après échelon, lune après lune, chaque phase du travail de la vigne mélée à celle de la fraternité pour arriver aux portes du raffiné et du
sublime.
Mais, pour l’instant, je ne vais pas gâcher mon plaisir. Le retour, fin septembre, sur ce site classé d’intérêt mondial par l’UNESCO, village natal de Danielle Casanova, Corse, Française, communiste, féministe, intellectuelle, patriote et mondialiste, donc, ’’universelle’’ fut un ravissement. L’on comprend mieux, la considération de nos amis Claudine et Gérard, citoyens du monde, d’avoir choisi cette localité comme lieu de réadaptation à la vie simple et fondamentale.
Ce lieu d’aménité, de délicatesse, d’attention sincère et loyale. Ce puits d’imagination conforme à leurs idées de progrès. Cet olympe de l’amitié franche et indéfectible. Ce ‘’chez eux’’ qui vous prend le cœur et le ventre tant est forte leur affection.
Un courriel envoyé par un auteur inconnu, lui-même en route pour rejoindre le point de ralliement, et, qui disait en substances :
- Les éclaireurs repèreront les lieux de Porticcio et se rendront par leurs propres moyens en terre de Piana pour rejoindre la troupe le 30 au matin,
- Le 27, nos valeureux artilleurs franchiront le sol corse dès 15h35,
- Le 28, les forçats de la route accosteront au matin si la SNCM ne freine pas leur ardente marche. Au menu, Piana, Corte, l’Ecomusée et la vallée de la Restonica …
- Le 29, pèlerinage sur le Cap Corse, Centuri, Nonza, pétanque à Saint Florent …
- Le 1er les derniers renforts poseront le pied sur la Terre Promise à l’heure du déjeuner.
Alors, jusqu’au 29, c’était septembre. Le 1er était d’octobre. Sans compter que nous étions déjà une bonne demi-douzaine plantés en terre promise. Ce qui généra un nombre final de…de… plus qu’une vingtaine, en tout cas. Dans ce semainier, il manque, cela ne vous a pas échappé, le 30, et pour ceux qui étaient présents ce jour là, l’ordre était donné d’un diner à ‘’La voute’’ au pied de l’Eglise paroissiale de Piana (église de style baroque) qui se dresse majestueusement en plein cœur de village. La grand’fête prenait ses marques. Ce fut le début d’une longue, d’une très longue partition. Elle dura plusieurs jours. L’amitié ne se démentira jamais tout au long de ces vendanges agréablement spirituelles et récréatives. L’intermittence des retrouvailles ne faisait que renforcer ce besoin de passion. Cette nécessité de se sublimer afin que ce qui nous fit longtemps rêver devienne enfin réalité. Elle révèle aussi, tout bonnement, un besoin de chaleur humaine à travers les amis, les copains. Et personne ne manqua l’occasion de donner le meilleur de soi, de sa camaraderie de son attachement et de son affection aux autres convives.
Rien ne manquait à ces réjouissances. La table était fastueuse, les crus de cuvées exceptionnelles, la musique distillée par d’enchanteurs ménestrels Corses, les chansons fraternelles et populaires, l’amitié à son paroxysme. Comme toujours, nos hôtes avaient fait les choses comme il fallait les faire. Nous avons tutoyé les étoiles.
Pour l’occasion, je vous ai concocté un petit album qu’il est aisé de consulter en marge de ce billet en cliquant sur ‘’Album. Les copains d’abord’’. ) (‘‘Clic gauche'') Mais le temps du bonheur qui n’est, ni plus long ni plus cout, passe à une même vitesse inexorable. Il semble seulement s’évanouir. Il donne cette impression de l’eau d’une source qui coule entre nos doigts et que nous ne pouvons retenir, même en fermant très fort la main. Le temps ne compte pas pour ceux qui l’ignorent. Pour moi, il fut, cette année, mon ‘’chemin de Compostelle de l’amitié’’. Il m’a permis de revoir tant d’amis et de partager ensemble des moments de bonheur intense qui resteront fixés dans ma mémoire et chevillés à mon cœur. Mon émotion était à son comble.
Voilà, chers amis, la boucle est bouclée. Où elle avait commencée le 16 avril, elle se terminait en apothéose ce 03 octobre. Que de merveilleux souvenirs côtoient encore mes nuits d’insomnie.
Maintenant, il faut que s’évacuent les mois de la morne-saison avec ses journées ternes et mélancoliques. Sombres et froides. Que passe le temps de la solitude et de l’isolement. Des lunes rousses cernées de halos brumeux. Des cieux tumultueux ennuagés de noirs.Et qu’il nous mène ainsi jusqu’aux Saints de glaces.
Alors, au bout du chemin, comme un minuscule fanal, cette petite lueur d’espoir qui appelle d’autres travaux de la vigne et d’autres vendanges. Et surtout d’autres retrouvailles d’amitié et de camaraderie. L’éternel recommencement…