Cher Père Noël, bonjour,
Si je vous écris cette lettre, ce n’est pas pour moi. Je ne demande rien car je m’estime satisfait et favorisé, avec ma petite pension de 1500 € le mois et une santé qui, ma foi, si elle n’est pas aussi solide qu’à vingt ans, ne me donne pas trop de soucis. Si je vous écris cette lettre, c’est que je m’angoisse pour ceux qui sont privés du minimum requis pour vivre décemment avec, souvent, femme et enfants. Si je vous écris cette lettre, c’est que je m’inquiète pour tous ceux qui sont malades ou en mauvaise santé. Si je vous écris cette lettre c’est que je m’affecte pour ceux qui sont oubliés et dont personne ne s’émeut plus. Si je vous écris cette lettre, c’est que je suis bouleversé pour les femmes et les hommes privés d’emploi et surtout pour leurs enfants. Si je vous écris cette lettre c’est que je suis dérangé par le commun de ceux qui dorment dans la rue et qui son bannis de notre société. Si je vous écris cette lettre, c’est que je suis effrayé par le manque de simple justice dans le pays des ‘’Droits de l’homme’’. Si je vous écris cette lettre, c’est que je suis sidéré et abasourdi par la morgue et l’indifférence des plus aisés envers les plus pauvres. Si je vous écris cette lettre, c’est que je suis atterré par le sort de beaucoup de nos jeunes qui n’ont qu’un repas par jour et ne peuvent pas se soigner. Si je vous écris cette lettre, enfin, c’est que je m’alarme pour tous ceux qui sont privés des droits les plus élémentaires.
Vous comprenez bien, Père Noël, que ce serait inconvenant que je pleurniche sur mon sort. Je crois que je fais partie des nantis! Par conséquent, je n’ai pas besoin que vous fassiez un détour sur votre long parcours de distribution de présents et de cadeaux ! D’autant que j’habite loin de chez vous et que ma cheminée n’a plus été ramonée depuis longtemps.
Non ! Ce que je vous demande, si vous pouvez encore le réaliser, c’est de remettre un peu d’ordre dans ce capharnaüm d’égoïsme, d’indifférence et d’inhumanité. Mettre ou remettre sur les bons rails tous ceux qui se lamentent de leur sort et qui ne sont d’accord sur rien, mais contre tout ce qui fait une bonne société : ses valeurs fondamentales. Le respect, l’amitié, la tolérance, la bonté, l’intelligence, en quelques sortes : ‘’Liberté, Egalité et Fraternité’’. Oui, je sais ! Je demande des résolutions qui ne sont pas prêtes à revenir. Mais je m’adresse à vous Père Noël, vous qui chaque année concédez des traineaux de cadeaux dans le monde entier (enfin peut-être pas partout, quand même). Si vous ne pouvez rien faire, qui va pouvoir ? L’Abbé Pierre et Coluche sont morts, alors !
Par contre, j’aimerai vous recommander mes amis ; tous mes amis. Ce sont de braves gens généreux, gentils, serviables et respectueux. Je les aime de tout mon cœur et de toute mon âme. Il ne se passe pas un jour sans que mes pensées les plus affectueuses ne se tournent vers eux. Si, par hasard, vous avez un peu de rab au fond de votre panier, faites un deuxième passage dans leurs chaussons. Et s’il ne vous reste rien, alors distribuez-leur, donc, ce que vous aviez prévu de m’apporter. Et offrez-leur du bonheur pour eux et pour tous ceux qu’ils aiment.
Voilà ! Je vous remercie par avance, Père Noël. Je sais que vous ferez votre possible. Je vous embrasse très, très fort. Et prenez bien soin de vous.