‘’Faut-il travailler, ou non, le dimanche ?’’Ce sujet a fait l'objet de nombreux épilogues qui se sont pourtant dispensées de poser la seule question qui, pour moi, touche à l'essentiel: « -dans quelle culture voulons nous être engagés? ». Il est vrai que, pour certains, la civilisation se résume à l’adhésion à une religion ou à une croyance. Et la culture s'identifie, souvent, à une tenue vestimentaire. L’identité se confondant, pour certains, à une couleur de peau! La confusion, même, sur ces éléments, pourtant essentiels à la conception de notre société, est le signe évident de notre manque de réflexion ou d'une réflexion altérée sur les mutations liées à la modernité.
Le travail du dimanche, qui semble être accepté par une grande majorité de la population (surtout celle qui n’est pas concernée par le travail ce jour là, soit 73% des sondés), est la transposition majeure d'une civilisation de la famille, de la convivialité, de la sociabilité, de la communauté locale et nationale, vers une civilisation totalement marchande et excluante. L'intérêt financier de chaque individu est prédominant sur sa vie relationnelle. Et la vie familiale passe au second plan. Le dimanche incarne un moment de retrouvailles uniques, entre tous les éléments de la cellule familiale. Il est, d'ailleurs, étrange que ceux qui ont défilé, obstinément, contre le mariage pour tous, ne se soient manifestés d’aucune manière. Et la discrétion des autorités œcuméniques est particulièrement significative. D’ailleurs, l’église a appréhendé cet obstacle depuis plusieurs décennies puisque la messe a été décalée en semaine et à diverses heures du jour.
Ce qui semble admis, c'est que la situation actuelle n'est pas seulement une simple modification de notre modèle de civilisation, mais un revirement total dans un univers nouveau, dicté par la finance. Univers, où un certain nombre de nos valeurs et notre philosophie générale, font partie des pertes et profits. Le silence, assourdissant, des élites de droite, à l'occasion des insultes racistes et ségrégationnistes subies par Madame Taubira, en est l'illustration. C'est le moment de rappeler que ce qui fait une nation c'est une communauté de destin, ressentie profondément par tous les peuples de cette nation. Et que la langue fait partie des grands principes d'intégration! Quand l'élégance d'expression de la ‘’Garde des sceaux’’ est comparée au charabia et au barbarisme de ses censeurs, nous sommes sereins de penser que l'avantage est nettement en faveur de la ministre.
Que chacun mesure la portée de ses actes ; cela demande un effort certain de réflexion pour que le destin de ce pays soit une métamorphose souhaitable et non subie!